Le journal d’une femme de chambre

Un jeu de massacre jubilatoire ! Un chamboule tout sauvage et salutaire ! Un rire énorme, féroce qui se moque de l’hypocrisie, démonte le système, bouleverse nos certitudes. Et par-dessus tout, une sensualité́ indomptée, un érotisme lancinant, une volupté enivrante. C’est à tout cela que nous convie Célestine, jeune parisienne embauchée comme domestique chez des notables de province… Une confession terrible, cocasse et qui nous touche au cœur. Un des plus grands textes du génial Octave Mirbeau.

Voilà longtemps que je rêve autour du Journal d’une femme de chambre. Sans doute l’œuvre la plus connue et pourtant la plus mystérieuse d’Octave Mirbeau. Il y a dans ce texte sans concession, lucide, terrifiant et pourtant très drôle, une vérité, une modernité encore scandaleuse. Une analyse sans concession qui raconte nos paradoxes et nos folies.

Ce que nous montre Célestine au-delà de l’hypocrisie d’une société qui cache sa crasse sous les tapis, c’est notre humanité, dans sa solitude et ses paradoxes. Jeu de massacre, le texte n’épargne personne. Aucune strate de la société. Des pauvres aux riches, personne ne sort grandi de ce brûlot !

Alors bien sûr d’abord il y a la sensualité de Célestine, son attrait morbide pour Joseph, mais dans ce texte, maitres et domestiques se renvoient leur perversion et leur laideur dans une structure vertigineuse. Pas de gentils, nous sommes tous coupables !

Porter ce texte au théâtre, c’est lui rendre son parfum de scandale, de révolte, sa drôlerie noire et cynique. J’aimerai que le spectateur soit comme un intime, à qui l’on avoue l’inavouable. Dans la chambre même de Célestine, au plus proche.

Pourtant, si étouffante et morbide que soit l’atmosphère, si décourageante que soit la perspective d’une humanité vouée au pourrissement et au néant, l’écriture se mue en thérapie. Ce qui devrait être source d’écœurement se révèle tonique et jubilatoire ; de l’exhibition de nos tares naît un amusement contagieux ; du fond du désespoir s’affirme la volonté d’un mieux-être qui aide à supporter moins douloureusement une existence absurde. Très étrangement dans sa noirceur, dans son dégout, dans sa terrifiante lucidité, le roman d’une femme de chambre nous pousse à chercher une sérénité, un équilibre, et sans doute un épanouissement salutaire. Plonger en enfer, pour comprendre qu’il existe un paradis.

Un voyage nécessaire.

Nicolas Briançon

OCTAVE MIRBEAU (1848-1917)

Écrivain, pamphlétaire, critique d’art et dramaturge français, Octave Mirbeau connut de grands succès populaires dans toute l’Europe, tout en étant apprécié des avant-gardes littéraires et artistiques. Politiquement incorrect, farouchement individualiste et libertaire, il incarna une figure d’intellectuel subversif et contestataire. En l897, il fut l’un des grands défenseurs d’Alfred Dreyfus. Parmi ses œuvres les plus célèbres, « Les Affaires sont les affaires », « Le Jardin des supplices », « Les 21 jours d’un neurasthénique » et bien sûr… « Le Journal d’une femme de chambre ».

Renseignements

Spectacle en tournée toute l’année selon les  disponibilités des artistes (troupe de 3 personnes : 1 artiste, 1 régisseur, 1 producteur-administrateur)

Montage : 2 services le jour de la représentation.

Durée : 1h20

TARIF PAR REPRÉSENTATION

REGION PARISIENE : 3 300,00 € HT tout inclus

PROVINCE : 3 000,00 € HT plus transport (troupe et décor) et défraiement pour 3 personnes au départ de Paris

Agenda de la tournée

Période du 1er Juillet 2022 au 30 juin 2023

2022

à partir du 29 Septembre 2022 : PARIS (75) – Théâtre de la Huchette (60 représentations)